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>>Les croyances au paranormal dans la revue « Sciences et pseudo-sciences »

L’Association Française pour l’Information Scientifique a publié le n°284 de la revue Sciences et Pseudo-Sciences titrant : « Les mécanismes de la croyance au paranormal » (janvier 2009, en grande partie déjà en ligne). Ce dossier, apparemment préparé par Nicolas Gauvrit, maître de conférence en mathématiques et docteur en sciences cognitives, donne un très bon aperçu des recherches universitaires actuelles sur la croyance au paranormal.

Plusieurs des contributions à ce dossier proviennent de chercheurs étrangers dont les articles ont été traduits et synthétisés (Peter Brugger, Caroline Watt – membre du comité d’honneur de l’IMI -, Marjaana Lindeman et Kia Aarnio de Finlande), ou de chercheurs francophones (Nicolas Gauvrit lui-même, Jean-Bruno Renard, le canadien Serge Larivée et le belge Jacques Van Rillaer). L’ensemble du dossier est concis et clair, avec de bonnes références bibliographiques pour aller plus loin.

Il est étonnant de trouver un article de la psychologue Caroline Watt, connue pour être professeur à l’Unité Koestler de Parapsychologie à l’Université d’Edimbourg. Son article est d’ailleurs introduit par un encadré précisant que Caroline Watt publie ses travaux sur la croyance au paranormal dans les meilleures revues de psychologie, que les relativisations et critiques qu’elle apporte ne sont pas en contradiction avec la science, qu’elle est considérée comme plutôt sceptique dans le monde de la parapsychologie, et enfin que l’AFIS n’a pas voulu cautionner la parapsychologie pour autant. Cette ouverture peut néanmoins être saluée. L’AFIS ne tardera pas à se rendre compte que la communauté des parapsychologues est diversifiée, et qu’il existe plusieurs de ses représentants qui proposent une telle approche critique et prudente de la parapsychologie, publient dans les meilleures revues, enseignent à l’université, tout en produisant des recherches expérimentales pour vérifier l’authenticité des phénomènes psi et leurs modalités.

On pourra regretter que le dossier n’aborde qu’une vision restreinte pour expliquer le nombre élevé de personnes croyant au paranormal. Croire au paranormal ne pourrait provenir que de problèmes cognitifs chez des individus plus ou moins prédisposés. Les auteurs ne font jamais la distinction entre les croyances au paranormal, les expériences exceptionnelles et la possible validité externe de ces événements, cette dernière étant tout simplement décrite comme « affaire classée ». Dans sa contribution « Croyances au paranormal, anxiété et contrôle perçus dans l’enfance » (p. 53-55), Caroline Watt suggère de complexifier ce questionnement en incluant des variables annexes (p. 54) : « on peut penser aux expériences surnaturelles alléguées, aux témoignages de telles expériences provenant de personnes influentes, une vision spirituelle du monde très large qui engloberait des composantes paranormales, ou encore le fait que les laboratoires de parapsychologie affirment détenir des preuves scientifiques du paranormal ». Il s’agit d’une ouverture plus large à ce que les sciences humaines peuvent venir dire des croyances au paranormal, sans suivre uniquement la piste du « cerveau ésotérique » (titre de l’article de Peter Brugger, p. 44-52). Toujours selon Watt (p. 55) : « En d’autres termes, penser la croyance au paranormal comme un tout homogène risque de mener à une impasse. »



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